RAPPELER

RAPPELER
. v. a.
Appeler de nouveau. Je l'ai appelé et rappelé sans qu'il m'ait ré pondu. Il ne vous a pas entendu l'appeler, rappelez-le.   Il signifie plus ordinairement, Faire revenir une personne qui s'en va, encore qu'on ne l'ait point déjà appelée. Je m'en allais, et il m'a rappelé, il m'a fait rappeler. On me rappelle.

Fig., Mes affaires me rappellent à la ville, Mes affaires me pressent, m'obligent d'y retourner.

Fig., Rappeler quelqu'un à la vie, Le faire revenir à la vie, l'empêcher de mourir. On le croyait mort, cet élixir le rappela à la vie.

Fig. et en style religieux, Dieu l'a rappelé à lui, Il est mort.

Fig., Rappeler quelqu'un à son devoir, Le faire rentrer dans son devoir.

Fig., Rappeler ses esprits, rappeler ses sens, rappeler son courage, Reprendre ses esprits, ses sens, son courage.

Fig. et fam., Ce vin rappelle son buveur, Il est excellent, et il excite à boire.  Dans les Assemblées politiques, Rappeler quelqu'un à l'ordre, Le réprimander, pour s'être écarté du bon ordre, des bienséances. Le président l'a rappelé à l'ordre. On demanda qu'il fût rappelé à l'ordre.   En termes de Droit, Le testateur a rappelé un de ses parents à sa succession, Par son testament, il a ordonné que ce parent aurait part à sa succession, quoique la coutume ou la loi l'exclue.

RAPPELER, signifie encore, Faire revenir quelqu'un d'un lieu où on l'avait envoyé pour y exercer certaines fonctions, pour y remplir un emploi ; et il se dit tant De ceux qu'on révoque par des raisons de mécontentement, que De ceux qu'on fait revenir par quelque autre motif. Rappeler un ambassadeur. On l'a rappelé de son ambassade. La guerre étant déclarée entre ces deux princes, ils ont rappelé leurs ambassadeurs. Cet ambassadeur a demandé lui-même qu'on le rappelât. La mauvaise conduite, les malversations de ce commissaire sont cause qu'on l'a rappelé.   Il signifie aussi, Faire revenir ceux qui ont été disgraciés, chassés ou exilés. Il avait été disgracié, mais le roi l'a rappelé. Il fut rappelé à la cour. Il a été rappelé d'exil, de l'exil.

RAPPELER, signifie, figurément, Faire revenir dans la mémoire. Rappeler le temps passé. Rappeler sa jeunesse. Rappeler quelque chose dans sa mémoire. Se rappeler quelque chose dans la mémoire, ou simplement et mieux, Se rappeler quelque chose. Vous rappelez-vous ce fait ? Je me le rappelle parfaitement. Je ne me le rappelle pas. Rappelez-moi à son souvenir, à l'honneur de son souvenir. Ne rappelons point le passé. Je me rappelle avec attendrissement le séjour de mon enfance, mes premiers succès dans les études. Quand il est dans cet état, il ne saurait rappeler ses idées. Je me rappelle d'avoir vu, d'avoir fait telle chose. Je me rappelle qu'il m'a conté cette histoire.   Rappeler la mémoire, le souvenir de quelque chose, se dit dans le même sens. Il avait oublié cette affaire, je lui en ai rappelé la mémoire. C'est un souvenir qu'il ne faut pas rappeler. Rappelez-vous, rappelez-lui le souvenir de notre ancienne amitié.   Rappeler sa mémoire, Tâcher de se ressouvenir. Il fit de vains efforts pour rappeler sa mémoire, il ne put jamais retrouver ce nom.   En Peinture, Rappeler la lumière. Voyez Rappel de lumière.

RAPPELER, en parlant Du service de l'infanterie, signifie, Battre le tambour d'une certaine manière, pour rassembler une troupe, pour faire revenir les soldats au drapeau, ou pour rendre honneur à certaines personnes. On a rappelé à telle heure. Les troupes battent aux champs pour le roi ; mais, pour les princes, elles ne font que rappeler.

RAPPELÉ, ÉE. participe

L'Academie francaise. 1835.


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